SPEED LEGENDS – LA SAGA DAUPHINE

Publié le : 28 novembre 2016

28 NOVEMBRE 2016

Au début des années 50, Renault effectue une étude de marché qui met en lumière le besoin d’une voiture à quatre places, capable de rouler à 115 km/h tout en ne consommant pas plus de sept litres aux 100 km. Une automobile capable, en somme, de compléter la gamme Renault entre la petite 4CV et la cossue Frégate. Comme il n’est pas envisagé de cesser la production de la 4CV, surnommée la « reine des ventes », il est décidé que ce nouveau modèle prendra le nom de… Dauphine.

Pierre Lefaucheux, le charismatique Président de la Régie Renault, confie à l’ingénieur Fernand Picard la direction des études. D’emblée, il est décidé que la Dauphine reprendra la plateforme et les principaux éléments mécaniques de la 4CV. La motorisation est assurée par le bloc « Ventoux » de 845 cm 3 . Délivrant 30 ch, il est associé à une boîte de vitesses à trois rapports. Pour la carrosserie, Renault fait appel au styliste italien Ghia.

Après cinq ans d’essais, la voiture est présentée à la presse en février 1956. Afin de démontrer aux journalistes les qualités routières de la Dauphine, les essais sont organisés sur les petites routes de Corse. Quelques jours plus tard, les commandes sont ouvertes à l’occasion du Salon de Genève. Cette année-là, Renault défraie décidément la chronique en présentant l’Etoile Filante, qui bat des records de vitesse sur le lac salé de Bonneville (Utah).

En fin d’année, l’histoire de la Dauphine croise à nouveau l’Ile de Beauté. Le tout premier Tour de Corse de l’histoire est remporté par Gilberte Thirion et Nadège Ferrier, à bord d’une Dauphine spéciale à moteur 1063 et boîte cinq vitesses. Ce joli coup de publicité ne fait qu’accélérer le succès commercial de la voiture.

Même si les performances n’étaient pas primordiales dans le cahier des charges initial, Renault souhaite répondre à la demande d’une version plus performante. En 1957, le « sorcier » Amédée Gordini se penche sous le capot de la berline familiale. Nouvelle culasse avec rampe de culbuteurs rapportée et soupapes inclinées, collecteurs redessinés, gros carburateur : les modifications apportées permettent de faire grimper la puissance à 37 ch, puis 40 ch à partir de 1960. La boîte de vitesses passe à quatre rapports, la caisse est légèrement rabaissée et les pneus sont plus larges.

Sans tarder, la Dauphine Gordini s’illustre en compétition. Les plus belles pages de son palmarès sont écrites par Guy Monraisse et Jacques Féret. Les deux amis débutent la saison 1958 en fanfare, avec une victoire au Rallye Monte-Carlo. Quelques mois plus tard, ils récidivent avec un autre succès retentissant au Tour de Corse. La Renault Dauphine signe même un quadruplé grâce à Claude Storez, Jean Guichet et Jean Vinatier ! La saison 1959 est également riche en succès : victoire à la Coupe des Alpes, triplé au Rallye de Côte d’Ivoire, victoire au Liège-Rome- Liège… Pour clore la saison, c’est le jeune Pierre Orsini qui s’impose sur les routes du Tour de Corse.

Lorsque la Fédération Internationale du Sport Automobile présente son nouveau règlement technique en 1960, Renault réagit avec la Dauphine 1093. Il s’agit d’une Gordini survitaminée, avec un moteur de 55 ch, équipé de nouveaux pistons et d’évolutions au niveau de la distribution et de l’alimentation.

À cette époque, l’ingénieur Pierre Ferry est considéré comme le maître de la préparation des Dauphine. C’est une voiture sortie de ses ateliers qui remporte un quatrième succès au Tour de Corse, encore avec Pierre Orsini.

La dernière évolution majeure arrive en 1964, lorsque la voiture reçoit enfin des freins à disques. Ils sont issus de la Renault 8, qui a débuté sa carrière commerciale dès 1962.

Cette même année, la Dauphine s’illustre là où on ne l’attend pas nécessairement. Willys, qui produit des Dauphine Gordini au Brésil, décide de s’attaquer aux records de vitesse sur longue distance. Pendant vingt-deux jours, douze pilotes se relaient sur le circuit d’Interlagos pour avaler 51 233 km à près de 100 km/h de moyenne. Pas moins de 133 records sont battus, dont 25 internationaux et trois mondiaux toujours homologués par la FIA sur 25 000 km,
25 000 miles et 50 000 km !

La Dauphine est produite en France jusqu’en 1967. Les derniers exemplaires sont assemblés en Argentine jusqu’en 1970. Le compteur s’arrête sur 2 150 738 unités produites, soit deux fois plus que la reine 4CV ! Portée par les Trente Glorieuses et la génération baby-boom, la Dauphine établit un autre record pour une voiture française.

Pour fêter les soixante ans de la Dauphine, mais aussi du record de l’Etoile Filante, Renault décide de traverser l’Atlantique pour participer à la Speed Week de Bonneville (13-19 août 2016). L’Etoile Filante revient ainsi sur le lieu de ses exploits, tandis qu’une Dauphine spécialement préparée pour l’occasion est engagée dans le concours de vitesse.

Équipée des éléments de sécurité indispensables, la voiture a été engagée en classe CGC, très proche de la série. Cette catégorie permet de démonter les pare-chocs et les phares, et d’utiliser des roues pleines pour améliorer l’efficacité aérodynamique.

Pilotée par Nicolas Prost, cette Dauphine a atteint la vitesse de 76.541 mph. Une performance qui permet d’établir un nouveau record en démontrant, si besoin est, que la passion made in Renault peut encore et toujours repousser les limites de la performance !

Crédit photo :

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